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Etoiles d'Encre

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Revue de femmes en Méditerranée

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Edito

Paroles croisées

Traversac et Maïssa Bey
Etoiles d'Encre - n°13

Dans ce numéro consacré à l'Algérie, dire le rêve, écrire le rêve, revivre le rêve… projeter le rêve, voilà qui nous a paru symbolique de la profonde aspiration des Algériens au temps du reflux, au temps de la vie, au temps… retrouvé. Dire le rêve, l'écrire, l'échanger, c'est aussi notre manière d'inaugurer ce nouveau cycle d'Etoiles d'Encre que nous annoncions plus léger, plus ludique. De plus, en cette année de rencontres franco-algériennes particulières, nous voulions aussi aborder le temps des fraternités, le sortir des décombres de l'oubli, non pour effacer l'histoire, mais pour mettre au jour les fragments d'amour murés dans les cœurs et dans le silence.
Fragments d'amour tout entiers contenus dans les souvenirs, murés dans les silences et qu'il faut extirper de leur gangue, faire venir à la lumière du temps retrouvé.

Moisson de rêves que nous avons voulu cependant ancrer sur une terre, si douloureusement, si terriblement présente au monde.
Parcourir donc ces rêves, ensemble, au gré des rubriques qui composent ce numéro, déposées là, comme des petits cailloux blancs.
En premier lieu, "Arpents de vie", passé revisité dans le désir de refaire ensemble le chemin. Pour que jamais la haine ne puisse prendre racine sur cette terre arrosée de sang.

Des rêves,
Pour que tous ces temps à accomplir l'emportent sur les faits accomplis,
Pour que les temps des terreurs, des peurs archaïques, des fascinations morbides,
s'inversent,
se trans-figurent,

"Algérie, Terre d'enfance"…
Il était une fois notre terre d'enfance, aussi bleue qu'une orange partagée, aussi dorée qu'un éclat de soleil, aussi belle que les histoires qu'on raconte aux enfants pour que leurs lendemains puissent à nouveau résonner de rires envolés.

Des rêves,
Pour s'interposer à contre-saison de l'expiation par les mots,
Pour que les mots, ici et là-bas, annoncent l'ouverture des frontières qui barricadent l'utopie, l'espoir, l'énergie insoupçonnée du peuple d'Algérie.


Au-delà des frontières… ainsi, "Algérie vue d'en-france"
Parce qu'il y a celles qui, comme Claude Ber, "ne savent l'Algérie que d'oreille", et qui pourtant partagent nos rêves…
Et puis encore, "Terre d'Algérie, comme un scrupule1", comme une petite pierre incrustée au plus vif de la mémoire, pierre aiguë, parfois tranchante, pierre précieuse pourtant, et dont seuls les mots-dits peuvent saisir l'éclat.


Des rêves,
Pour partager dans ce numéro, ce que nous a révélé la vie, pas seulement la vie individuelle, mais celle-là qui nous est commune à tous, celle qui se situe hors du bien et du mal, celle dont nous sommes dépositaires depuis qu'on nous a jetés là, celle qui nous a fait don de l'émerveillement d'être, d'aimer, de recevoir la caresse du vent, du soleil, de la mer.

Le souffle qui traverse presque tous les textes que propose ce numéro, abandonne au bord du chemin, la réitération des images d'offense à la vie; il laisse à distance l'esquif du malheur sur lequel bien assez de candidats sont embarqués. Certains du lieu de leurs souffrances, tant d'autres du lieu d'obscurs enjeux.

"Algérie, mon île au loin"
"Mon île au loin, ma Désirade", ainsi rêvait le poète.
El-Djezair, ici, prend tout son sens.
Se dire, dire qu'un jour, après tant de reflux, de dérives, d'exils imposés, d'errances meurtrières, nous pourrons enfin accoster et reprendre pied sur notre île…

Des rêves,
Non pour fermer les yeux sur les périls dont nous savons la menace,
mais pour témoigner de l'incroyable vitalité des femmes et des hommes d'Algérie, de tous ceux qui, même près de l'abîme, ont défié le vertige, n'ont jamais renoncé à travailler, à créer, à rire et à danser. Tous ceux qui nous demandent d'écouter non pas seulement les cris de guerre, mais aussi ce qui se murmure, qui voyage, qui flambe dans le cri de la vie.

Et c'est ensemble que nous laissons l'écho de ce cri se répercuter "Ent'rêves et rives", pour dénouer ensemble les peurs et les détresses du quotidien, pour défier le sort, pour atteindre les étoiles.


Des rêves,
Il nous en vient des rives algériennes,
Par l'oiseau sur la hampe des asphodèles,
Par le poème sur la lèvre des filles,
Par la tendresse des mains nouées dans les rues d'Alger.

Des rêves,
Il en revient jusques aux rives algériennes,
Par la farandole tressée des mots des écrivains et des musiciens,
Oiseaux de paradis qui ne veulent pas mourir en cage.

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